Bulletin : Chapelle St Joseph - Nov 2019

La fête de la Toussaint est l’occasion de méditer sur les Béatitudes, principes fondamentaux de vie chrétienne. « Bienheureux les pauvres d’esprit, » non seulement ces pauvres volontaires qui ont tout quitté pour suivre Notre Seigneur, et à qui Il a promis le centuple dans cette
vie, et dans la vie future la vie éternelle; mais encore tous ceux qui ont l’esprit détaché des biens de la terre; ceux qui sont effectivement dans la pauvreté, sans murmure et sans impatience, qui n’ont pas l’esprit des richesses, le faste, l’orgueil, l’injustice, l’avidité insatiable de tout tirer à soi. Les riches, riches d’eux-mêmes, qui ne savent pas leur dépendance vis-à-vis de Dieu, ils ont déjà leur consolation ici-bas. La pauvreté sur la terre rend méprisable, faible, impuissant, mais Dieu élève les humbles: « Quiconque s’élèvera, sera humilié, et
quiconque s’humiliera, sera élevé. » Aux pauvres et aux humbles, « le royaume des cieux leur appartient, » à commencer dès ici-bas par le règne de la charité dans l’âme.

« Bienheureux ceux qui sont doux. » Notre-Seigneur nous a dit: "Apprenez de moi que je suis doux”, Il est comparé à un agneau, le plus doux des animaux, qui se laisse non seulement tondre, mais encore « mener à la boucherie sans se plaindre ». On est bienheureux dans la
douceur, sans aigreur, sans enflure, sans dédain, sans prendre avantage sur personne; doux même à ceux qui sont aigres et répandent le venin de leur amertume. La jouissance du vrai bien et d’une bonne conscience, apporte paix et joie, ansi que la douceur, vraie marque de
l’innocence, conservée ou recouvrée. Et quelle est la récompense ? « ils possèderont la terre », la terre des âmes, gagnées à force de douceur, car la douceur sait calmer les âmes irritées, elle est conquérante, elle est puissante; forte de cet esprit qui prétend non pas dominer
mais servir, répandre la bénédiction et non l’amertume.

« Bienheureux ceux qui pleurent. » Il y a de mauvaises larmes qui peuvent mener au désespoir, il y en de merveilleuses qui viennent de l’amour. Le péché est le seul mal que l’on guérit en le pleurant, car il attire alors toute la miséricorde divine qui n’attend que cela pour se
déverser dans une âme. Elles sont bonnes et heureuses les larmes par lesquelles on pleure ses péchés: elles reçoivent leur consolation par l’espérance du pardon et de l’autre vie « où toute affliction cesse, où toutes les larmes sont essuyées, » « car ils seront consolés », et c’est Dieu lui-même qui essuiera les larmes de ceux qui auront pleuré pour Lui.

« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. » Ce grand désir de justice revient à un grand désir que la volonté du père céleste soit accomplie en toutes choses. « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père » disait le Sauveur. L’âme qui avait faim de la justice, qui désirait la gloire de Dieu, sera rassasiée au Ciel, elle verra Dieu revêtu d’une gloire resplendissante, « Je serai rassasié quand je verrai votre gloire ». Elle avait désiré la perfection, elle sera revêtue de la sainteté de Dieu; elle avait désiré le triomphe de la justice si souvent opprimée, et il sera rendu à chacun selon ses oeuvres.

« Bienheureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde » Le plus bel effet de la charité, c’est d’être touché des maux d’autrui. Bienheureux les miséricordieux qui donnent sans recevoir de ceux à qui ils font miséricorde, car ils obtiendront de Dieu une miséricorde
infinie. Ainsi ceux qui sont inflexibles, insensibles, sans tendresse, sans pitié, sont dignes de trouver sur eux un ciel d’airain, qui n’ait ni pluie ni rosée. Au contraire, ceux qui sont tendres à la misère d’autrui auront part aux grâces de Dieu et à sa miséricorde; il leur sera pardonné comme ils auront pardonné aux autres, il leur sera donné comme ils auront donné aux autres, ils recevront selon la mesure dont ils se sont servis envers leurs frères, autant qu’ils auront eu de compassion, autant Dieu en aura-t-il pour eux-mêmes.

« Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu. » Qu’est-ce qu’un coeur pur si ce n’est cette fontaine claire et limpide, dans laquelle l’image de Dieu peut resplendir dans toute sa beauté. La chasteté est le diamant de toutes les vertus, c’est elle qui rend le coeur
pur, et procure le bel amour, “pulchrae dilectionis”.

« Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu. » Ceux qui aiment la paix et la procurent, portent en eux le caractère de leur si bon Père du Ciel, le « Dieu de paix ». Il faut, dit Jésus-Christ, que « vous aimiez vos ennemis, et que vous fassiez du bien à
ceux qui vous haïssent. Il faut que vous le priiez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous soyez les enfants de votre Père céleste, qui fait lever son soleil sur les bons et sur les mauvais, et qui pleut sur les justes et sur les injustes. » C’est faire l’oeuvre de Dieu que d'imiter sa bonté, par des paroles de réconciliation et de paix, en cherchant à adoucir les mauvais rapports, à prévenir les inimitiés, les froideurs, les indifférences; c’est se montrer enfants de Dieu que d’être pacifiques.

« Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux leur appartient. » Tous ceux qui souffrent pour avoir bien fait, pour avoir donné le bon exemple, mais aussi ceux qui portent leur croix tous les jours, et persécutent en euxmêmes
leurs mauvais désirs, souffrent persécution pour la justice. C’est ici la plus parfaite des béatitudes; parce que c’est celle qui porte le plus vivement en elle-même l’empreinte du Fils de Dieu. « Vous serez heureux, quand vous serez maudits et persécutés, qu’on vous outragera et qu’on dira mensongèrement toute sorte de mal contre vous à cause de moi, pour l’amour de moi. Réjouissezvous et soyez remplis de joie, tressaillez de joie, parce que votre récompense sera grande dans les cieux. »

C’est de ces béatitudes que nous devons vivre pour rejoindre les saints du Ciel.